Le Divertissement
Thèse POUR la corrida
¤ La souffrance du taureau
D’une part, piques et banderilles sont appliquées dans une zone très peu innervée. D’autre part, on peut penser que la « rage du combat », la volonté du taureau d’en découdre annihilent toute souffrance comme il peut en être ainsi chez l'Homme pour bon nombre de sportifs (exemple du boxeur : un seul des coups qu’il reçoit suffirait à le mettre KO s’il le recevait par surprise ; reçus au cours du combat, ils ne font qu’exacerber sa volonté de vaincre l’adversaire).
Si d’ailleurs piques et banderilles déclenchaient chez le taureau une souffrance intolérable, il renoncerait à attaquer le cheval et chercherait à se débarrasser des banderilles. L’assistance à quelques corridas permet de se rendre compte que ce n’est pas le cas.
Quant aux estocades ratées plus souvent qu’à leur tour, s’il est vrai que parfois le
matador fait preuve d’une maladresse ou
d’une malchance insigne, multiplier les
tentatives d’estocades déclenche
immanquablement une bronca, alors qu’
une mort foudroyante est particulièrement
appréciée. D'ailleurs même une estocade
ratée peut être efficace : l’estocade tranche
des artères (notamment l’aorte) situées à
proximité de la colonne vertébrale ;
enfoncer entièrement l’épée n'est donc pas
nécessaire pour tuer le taureau.

¤ Le risque pour le cheval du picador
Les courses de taureaux ont longtemps utilisé des chevaux non protégés. Les blessures, voire la mort des chevaux de pique étaient alors fréquentes. Toutefois, quand le picador ne réussissait pas à repousser le taureau et que celui-ci éventrait le cheval, ce dernier s’écroulait immédiatement et était massacré en quelques secondes sans qu'il n'y ait une agonie lente et douloureuse.
Depuis 1928, les chevaux sont obligatoirement protégés par un caparaçon. Contrairement à ce qu’imaginent les « antis », cette volonté de protéger le cheval n’a pas été dictée par le souci d’éviter la désertion des arènes, mais pour des raisons purement matérielles et économiques : les transports et l’agriculture commençaient à se mécaniser ; il était évident qu’un jour, se procurer des chevaux en très grand nombre et pour un prix abordable deviendrait difficile.
Le caparaçon est constitué par une sorte de « jupe » protégeant les flancs et par deux sortes de « pantalons », protégeant respectivement les membres antérieurs et postérieurs de l'animal. Ces « pantalons » se recouvrent, de sorte que le ventre du cheval est lui aussi protégé. Seuls sont donc exposés le dos, le haut des fesses, l’encolure et la tête du cheval. L’assistance à quelques corridas permet à chacun de constater que, lorsque le cheval chute, dans la quasi-totalité des cas la chute s’effectue de façon telle que le taureau se retrouve face au ventre du cheval et attaque donc des parties du corps entièrement protégées par le caparaçon. Ceci explique que depuis 1928, les accidents soient devenus rarissimes : en France, le dernier cheval de picador tué l’a été au début des années 1970.
En ce qui concerne les deux chevaux prétendument tués, cette information est reprise dans l’interview de la présidente d’une association anti-corrida par une dirigeante d’une autre association anti-corrida. Celle-ci n’indique ni lieu, ni date, ce qu’elle fait pour le cheval blessé. On peut donc émettre des réserves quant à la réalité de ces morts de chevaux.
Concernant les tranquilisants administrés au cheval afin de limiter ses réactions incontrôlables, à l’époque où cette pratique était monnaie courante, l'opération n'est en rien condamnable tout comme boucher les oreilles des chevaux. Enfin, rien dans le règlement n’interdit de bander les deux yeux du cheval ; d’ailleurs, aucun aficionado, même particulièrement soucieux du respect des règles, n’a jamais protesté contre une telle pratique. La fixation des « antis » à respecter le règlement et l'éthique tauromachique ne serait alors justifiés que dans le but d'augmenter les risques du picador.
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