Les origines lointaines de la tauromachie

Le taureau est un animal dont la puissance a toujours impressionné l'homme ; plus fortement encore au cours du néolithique et de l'antiquité. Une peinture rupestre mise au jour à Cnossos en Crète, datant de 1400 av. J.-C., représente des hommes et des femmes acrobates affrontant un taureau, saisissant ses cornes alors qu'il charge et sautant sur son dos.

 

 

 

 

 

 

 

Acrobates sur taureau Acrobates sur taureau, fresque provenant de la salle du trône du palais de Cnossos (v. 1400 av. J.-C.), aujourd'hui conservée au musée archéologique d'Héraklion (Crète).Bridgeman Art Library, London/New York

Le dressage des animaux domestiques est souvent une activité; dangereuse que les cultures ont parfois sublimé en rites collectifs ou initiatiques. Aujourd'hui encore, chez certains peuples, on ne devient un homme qu'après avoir tué ou capturé un lion ou un tigre. A la lisière entre le paisible boeuf et ces animaux sauvages, montrant comment la nature et sa violence peut parfois ressurgir, le taureau a fasciné et inspiré nombre de créateurs, comme Goya ou Pablo Picasso par exemple. Les " jeux taurins ", éventuellement la mise à mort du taureau en public dans la corrida, sont sans doute une survivance des sacrifices d'animaux qui ont été si importants dans les cultures primitives.
La tradition taurine la plus répandue : la corrida, forme espagnole de la tauromachie
Les spectacles de courses de taureaux étaient très fréquents à Rome mais c'est dans la péninsule Ibérique que la corrida prit réellement son essor. Les Maures, originaires d'Afrique du Nord, qui envahirent l'Andalousie en 711, modifièrent considérablement les règles de la course de taureaux ; le spectacle bestial et non codifié que pratiquaient les Visigoths avant l'invasion devint un rituel de jours de fête au cours duquel les Maures, montant des chevaux spécialement entraînés, affrontaient et tuaient des taureaux.
La course de toros avec mise à mort ou corrida espagnole n'est qu'une forme parmi d'autres types de tauromachies européennes.
" En fonction des cinq variantes qui le caractérisent, le fait social tauromachique se répartit entre diverses régions du sud-ouest européen : l'Andalousie, l'Aragon - Navarre autour de Pampelune, l'Alto Alentejo au Portugal (l'ouest de l'Estrémadure), l'Aquitaine-Béarn autour des Landes, et le Languedoc-Provence autour de la Camargue."
Deux traditions taurines sont localisées dans le sud de la France au sein de territoires spécifiques : la course landaise et la course camarguaise. Elles n'ont pas cherché à s'étendre au-delà; de leur espace culturel, à la différence de la tradition taurine espagnole, dont le modèle andalou, expansioniste, a été importé dans l'ensemble du sud de la France au milieu du XIXe siècle. On parle donc également de tradition taurine locale en France pour désigner les territoires qui ont adopté la corrida espagnole. Il existe ainsi dans ces régions taurines une cohabitation entre les différentes traditions.

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