Le Combat
Les protagonistes de la corrida
¤ L'alguazil
Les alguaziles (ou alguacilillos) sont les « policiers » de la place. Au nombre de deux, ils défilent en tête du paseo. Sous les ordres du président, ils veillent au respect du règlement par tous les acteurs. Le cas échéant, ils remettent également les trophées au matador.
¤ Le personnel de l'arène
Les areneros sont chargés de remettre la piste en état après chaque taureau. Les hommes en rouge, n les appelle souvent monosabios, terme qui signifie « singes savants » : dans les années 20, les areneros des arènes de Madrid avaient été dotés d’un uniforme auquel nombre de spectateurs trouvèrent une ressemblance avec celui d’une troupe de singes savants qui se produisait alors dans la capitale espagnole. Ils sont chargés d'aider le picador et le cheval en piste. Les mulilleros sont les personnes chargées de l'attelage de mules évacuant la carcasse en fin de course.
¤ La musique
Le paso doble et son « tacatchac tacatchac » qu’Igor Stravinsky de passage à Madrid écoutait fasciné de sa chambre d’hôtel, sont inséparables de la corrida. La musique accompagne le paseo et fait patienter le public entre deux taureaux. Elle souligne une faena de muleta qui commence à atteindre les sommets de la qualité, ainsi que la pose des banderilles lorsqu’elle est faite par le matador lui-même. Elle accompagne parfois la pose des banderilles par un peón lorsque, lors de la pose d’une paire précédente, ce peón a été particulièrement brillant. Enfin, quand le picador pique avec le regatón, le plus souvent cette pique supplémentaire se fait en musique.
Faire jouer la musique en cours de faena de muleta est déjà une récompense. L’ordre de jouer est donné par le président (sauf à Séville où c’est le chef d’orchestre qui décide) ; souvent une partie du public la réclame en criant « música, música ».
Principaux « tubes » : España Cani, Cielo Andaluz, Paquito Chocolatero, Valencia, Nerva (et son solo de trompette à l’audition duquel, dans les arènes de Séville, « Paquirri » avait un jour arrêté de toréer pour mieux écouter), Vino Griego, Sans oublier l’air du toréador de Carmen qui, grâce à Georges Bizet accompagne le paseo dans la presque totalité des arènes du sud-est de la France.
¤ L'empresa
C’est l’organisateur de la corrida, celui qui engage les matadors, achète les taureaux, et espère engranger les bénéfices.
Dans les plus grandes arènes, l’empresa est une entreprise privée. Certaines empresas sont propriétaires des arènes (en Espagne, Barcelone, Saint-Sébastien, Logroño, entre autres), d’autres sont locataires des arènes qui appartiennent aux collectivités locales (Arles, Nîmes, Madrid, Valence) ou à des privés (en France notamment Béziers où les arènes appartiennent à une société anonyme ; en Espagne, notamment Séville où les arènes appartiennent à une confrérie militaro-religieuse, la Real Maestranza de Caballería).
Dans d’autres arènes, c’est une émanation de la mairie : régie municipale en France ou organisme similaire en Espagne. C’est le cas notamment en France de Bayonne ou Dax.
Dans les plus petites arènes, où les bénéfices sont plus aléatoires, l’empresa est le plus souvent une association loi de 1901 (ou équivalent en Espagne).
¤ Le public
Le public est varié. Traditionnellement, on classe les spectateurs en deux grandes catégories : les « toreristas » et les « toristas ».
Les toreristas seraient essentiellement attirés par l’art du matador, son adresse, l’élégance de ses passes. Tant pis si son art ne s’exerce que devant des taureaux souvent faibles, voire trop faibles, et d’une noblesse qui frise la « soseria » (« stupidité »), tant pis si trop souvent le spectacle n’est pas au rendez-vous, tellement le taureau est inexistant.
Les toristas seraient essentiellement attirés par le spectacle du taureau démontrant sa bravoure, surtout face au picador. Ils n’apprécieraient que les matadors qui mettent en valeur le taureau, révèlent ses qualités et ses défauts. Tant pis si bien souvent, le spectacle n’est pas au rendez-vous, les taureaux étant trop difficiles, voire impossibles à toréer ; tant pis si les matadors qui affrontent ce genre de taureaux sont souvent condamnés à le faire en raison de l’insuffisance de leur talent. À ces deux principales catégories, il faut ajouter les « turistas » reconnaissables essentiellement au fait qu’ils parlent anglais, allemand, italien, néerlandais, ou français avec l’accent « pointu ». À noter toutefois que nombre d’Anglais, d’Allemands ou de Parisiens sont des aficionados très connaisseurs,
alors que nombre d’Espagnols ou de méridionaux qui ne se rendent
à la corrida qu’un fois l’an, dans leur ville, sont sans doute
des « casi-turistas
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».