Le Combat
¤ Le paseo
Le déroulement de la corrida
La corrida commence par un défilé de tous les
participants : le paseo (ou paseíllo). À l’heure
prévue, le président présente un mouchoir
blanc ; aux accents d’un paso doble le cortège
s’ébranle, précédé par les alguaziles
(ou alguacilillos). Viennent au premier rang les
trois matadors, classés par ordre d’ancienneté :
à gauche (dans le sens de la marche) le plus
ancien, à droite le deuxième d’ancienneté, au
milieu le moins ancien. Si un torero se présente pour la première fois dans la « plaza », il avance tête nue, sinon il est coiffé du chapeau traditionnel la « montera ». Derrière suivent les peones, également classés par ancienneté, puis les picadors, eux aussi classés selon l’ancienneté.
Viennent ensuite les areneros ou monosabios, employés des arènes qui ont pour fonction de remettre en état la piste entre chaque taureau.
Vient enfin le train d’arrastre, attelage de mules chargé de traîner la dépouille du taureau hors de l’arène.
¤ La lidia
Puis vient l’heure du combat, en espagnol « lidia ».
Une corrida formelle comprend en principe la lidia de six taureaux. Pour chacun d'entre eux, la lidia se déroule selon protocole immuable. Ce protocole est décomposé en trois parties, appelées tercios.
¤ Premier tercio : le tercio de pique
Sortie du taureau
Après la sortie du taureau,
le matador, et ses peones effectuent des passes
de capote, pièce de toile généralement de
couleur lie de vin à l’extérieur et jaune à
l’intérieur, qui sert de leurre. Ces premières
passes de capote permettent au matador d’
évaluer le comportement du taureau.
Pour aider leur matador à évaluer le
comportement du taureau, les peones appellent
celui-ci à tour de rôle et l’attirer vers les différents points de l’arène, l’incitant à aller au bout de sa charge. Puis le matador effectue lui-même quelques passes de capote afin de compléter son étude du taureau.
Il existe une multitude de passes de capote. La plus fréquente, la plus simple et généralement considérée comme la plus belle, est la véronique (espagnol : veronica) dans laquelle le torero présente le capote tenu à deux mains, face au taureau, en faisant un geste similaire à celui que, selon l’imagerie traditionnelle, fit sainte Véronique en essuyant le visage du Christ en route pour le Calvaire. Il existe également la demi-véronique (espagnol : media-veronica) inventée par Juan Belmonte (qui prétendit un jour l’avoir créée « car j’avais la flemme de faire l’autre moitié »), la chicuelina (inventée par « Chicuelo »), la gaonera (inventée par Rodolfo Gaona), la mariposa (« papillon »), etc.
Entrée des picadors
Autrefois, le picador était le principal héros de la corrida, le plus attendu des toreros ; les toreros à pied n’étaient que ses aides. Ce n’est que dans la seconde moitié du XVIIIe siècle qu’il a commencé à perdre sa suprématie, pour devenir au milieu du XIXe un subalterne du matador.
Le rôle du picador est de tester la bravoure du taureau à l'aide de sa pique, lance en bois de hêtre de 2,60 mètres de long terminée par une pointe d’acier : la puya.
En principe, il est appliqué deux piques minimum (il n’y a pas de maximum), mais en cas de taureau faible, le président peut réduire ce nombre à une seule. Lorsque par chance, le taureau fait preuve d’une bravoure exceptionnelle, une pique supplémentaire est parfois donnée avec le regatón : le picador prend sa pique à l’envers, et « pique » avec l’extrémité du manche, le regatón, et non avec la puya.

suite